Lundi 16 février 2009
L'Observatoire Caisse d'Epargne 2009 - Les Français voyaient la crise venir

Comme chaque année, l'Observatoire Caisse d'Epargne apporte sa moisson d'observations pertinentes. Le rapport commence très fort en soulignant que contrairement aux élites, aux politiques et aux économistes, les Français ressentaient la crise dès l'automne 2007. Un an avant le déclenchement officiel de la crise, 72 % des Français jugeaient " plutôt " ou " très mauvaise " la situation économique. Malgré une surmédiatisation, la crise est vécue comme " une crise de plus " comme une punition nécessaire à la moralisation.

Néanmoins; 71 % sont inquiets pour les enfants/petits enfants, 58 % pour leur pension de retraite et 44 % des actifs pour leur emploi sous deux ans. Ces niveaux de pessimisme sont exceptionnels. Les catégories plus modestes (les ouvriers, les employés) s'estiment davantage en première ligne face aux risques de chômage. elles sont rejointes dans une inquiètude identique par les professions intermédiaires. Signe que le décrochage des classes moyennes s'accentue. Dans ce climat anxiogène, les Français se recentrent sur la solidarité familiale:
aider financièrement les jeunes,
protéger les proches en cas de décès ou d'accident.
Ce phénomène est vrai chez les 25-45 ans et chez les seniors.

Ainsi si donner une éducation, un bagage solide à ces enfants chute de 51 à 43 %, "donner de quoi leur permettre d'acheter un logement" grimpe de 26 à 31 %. Ceci illustre une crispation autour du patrimoine notamment immobilier. Pour les 25-34 ans, se constituer un patrimoine représente une forte préoccupation pour 38 % en hausse de 9 points depuis 2001.

Dans la crise, 60 % des Français disent aujourd'hui " faire plus attention à leurs dépenses ", ils épargnent à quasi égalité pour être autonome et se rassurer face à l'avenir.

Exercice réthorique obligé, l'Observatoire de cette année distingue 6 profils :
- les " Distanciés " (16,5 % de la population) et les " Contraints " (17,5 %) s'inquiètent fortement de l'avenir ; disposant de revenus réduits, ils privilégient une épargne sûre et disponible offrant un bouclier protecteur.
- les " Prudents " (20,4 %) et les " Vigilants " (13,5 %), davantage représentatifs de classes moyennes, oscillent entre préservation d'une qualité de vie (les " Prudents ") et sécurisation de l'avenir (les " Vigilants "), via des placements diversifiés mais peu risqués.
- les " Audacieux " (17,8 %) et les " Confiants " (14,3 %), les plus aisés, se sentent peu remis en cause dans leur sécurité financière ; plus opportunistes, pour les premiers, ou tempérés dans leurs arbitrages, pour les seconds, ils sont centrés sur la constitution ou la valorisation de leur patrimoine, au prix d'une dose de risque pour leurs placements.

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